Les travaux de mise à hauteur

Le skipper de Mistral Gagnant a été bien trompé, il faut le reconnaître lorsqu'il a fait l'achat de son voilier. Que n'a-t'il pas lu sur les revues spécialisées sur le sérieux, la solidité de la construction de son ETAP 30! Et bien tout était faux, du moins si l'on veut vraiment naviguer sur ce voilier!

Cette rénovation a consisté surtout en une refonte structurelle du bateau, rendue nécessaire par un enfoncement des fonds de ce dernier sous la pression du mat, avec comme corollaire des entrée d'eau par la liaison coque quille.

Toutes les interventions effectuées (et leurs raisons), sont expliquées par le détail dans le site accessible à partir du bouton "Mistral Gagnant" situé au bas de cette page.

Après une aussi lourde intervention, j'ai décidé de garder ce bateau, qui bien qu'un peu petit pour la grande croisière, est particulièrement sûr en mer compte tenu de sa solidité structurelle. Les vraies varangues réalisées dans les fonds de la coque sont d'une telle épaisseur que ces fonds ne bougent plus maintenant, et que raidir le haubanage ne pose aucun problème. Si l'on y ajoute la réalisation d'un safran en acier, on obtient un bateau particulièrement raide et solide, dont le comportement en mer n'a plus rien à voir avec l'embarcation d'origine. Pour ce qui me concerne cette solidité structurelle est l'élément majeur et fondamental d'un bateau de croisière qui s'en va un tant soit peu au large, où les conditions de mer sont parfois difficiles et soumettent les structures à très rude épreuve.


Fin Août 2005 les caprices de la Mediterranée m'ont permis de tester cette solidité en me gratifiant d'un bon force 7 entre Corse et continent alors que la météorologie prévoyait un vent de 20 à 25 noeuds. Inutile de préciser que le retour a été chaud pendant 4 à 5 heures environ, et le bateau, souvent coiffé par quelques belles vagues a admirablement résisté au près bon plein. J'étais content dans ces moments là de pouvoir faire confiance à la structure de mon embarcation!

Cette page étonnera peut-être certains d'entre vous, mais sachez qu'elle a été réalisée avec pour seul souci de décrire ce qui m'est arrivé avec ce voilier issu d'un chantier dont les qualités étaient louées par quasiment toutes les revues nautiques. Je dis "étaient" car aujourd'hui ce chantier a disparu, et à mon avis c'est bien regrettable car le concept de ses bateaux était particulièrement intéressant. Il est dommage que la mise en oeuvre de celui ci n'ait pas été à la hauteur, notamment au point de vue construction proprement dite.

Mistral Gagnant en travaux à Martigues

Mistral Gagnant

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En cliquant sur le bouton bleu ci-dessus vous pourrez parcourir le site qui décrit les travaux effectués sur Mistral gagnant

Installation d'un chauffage autonome

Le charme des mouillages en avant et arrière saison est parfois gâché par des soirées et des petits matins un peu frais. J'ai donc installé un chauffage à air pulsé WEBASTO fonctionnant au gas oil qui, avec une consommation de l'ordre de 0,4 litres par heure de carburant procure très rapidement une douce chaleur. Le démarrage de cet appareil génère une pointe de courant très importante qui fait chuter au delà de ce qui est admissible la tension de la batterie pendant quelques secondes suffisantes pour interrompre l'alimentation électrique du chauffage qui se met en défaut. Pour pallier ce problème il suffit de démarrer le moteur du bateau qui procure à ce moment là par le biais de l'alternateur suffisamment d'énergie pour effacer la pointe de consommation du chauffage. En régime établi la consommation électrique du chauffage n'est plus que de 1 ampère environ, ce qui ne pose aucun problème pour la batterie servitudes celle-ci ayant une capacité de 110 AH. La pose de ce dispositif s'est faite sans difficulté, le moment le plus difficile ayant été celui où j'ai dû me faufiler (et le mot n'est pas trop fort!) en engageant d'abord les épaules puis le reste du corps en passant par le coffre) dans le petit coqueron arrière du bateau, juste devant la jupe pour procéder à la fixation de l'appareil. La sortie de cette position très inconfortable a été particulièrement laborieuse et j'au cru à un moment donné être obligé d'appeler à l'aide pour me faire tirer par les pieds pour sortir de ce réduit! Le jour où le chauffage tombera en panne (cela arrivera forcément!), il faudra que je trouve un contorsionniste pour aller là dedans!

Le réservoir à eaux noires

J'ai mis en place un réservoir à eaux noires afin de satisfaire à la future réglementation qui pourrait s'avérer assez contraignante le jour où les constructeurs équiperont leurs bateaux neufs de ces dispositifs et feront tout pour que les anciens bateaux soient soumis à de fortes contraintes. On peut en effet faire confiance à leur pouvoir de nuisance par le biais d'un lobbying plus prompt à obliger les gens à acheter leurs bateaux neufs qu'à réaliser eux de vrais bateaux bien solides et sûrs en mer. J'ai fait l'acquisition de tout le matériel nécessaire chez le fournisseur VETUS, qui procure tous les éléments nécessaires à la réalisation d'un tel dispositif. Leurs tuyaux, imperméables aux mauvaises odeurs me donnent toute satisfaction, et à ce jour je n'ai eu aucun problème avec ce dispositif qui nécessite cependant un peu de prudence pour son utilisation, notamment au niveau de la surveillance constante du niveau des eaux noires dans la cuve. Si le remplissage s'opère par le WC lui même par aiguillage d'une vanne trois voies, la vidange s'effectue soit par une pompe extérieure dont certains ports sont équipés, soit en mer par une pompe manuelle.

La douche

Elle est installée dans le cabinet de toilettes situé en avant du carré sur ce bateau de conception ancienne. Afin de s'affranchir des éclaboussures un rideau imperméable (qui se replie après utilisation), se déroule le long d'un rail fixé sur le "toit" du cabinet de toilettes. La douche prise, ce rideau est projeté à l'extérieur au travers du hublot de ce cabinet où il sèche souvent très rapidement. L'eau chaude est générée par un petit chauffe eau électrique fonctionnant en 12 volts. Cette tension est fournie soit par une alimentation 220 V-----> 12V si le bateau est à quai, soit à partir du 12 V alternateur, ce qui suppose que le moteur tourne pour chauffer l'eau. Concrètement et ceci est toujours le cas, c'est par la mise en marche du moteur à l'approche d'un mouillage que l'énergie nécessaire est fournie directement par l'alternateur au chauffe eau. Le temps nécessaire à la montée en température de l'eau étant de l'ordre d'une demie heure, il suffit de penser à mettre le moteur en route suffisamment tôt pour avoir 4 litres d'eau chaude à l'arrivée au mouillage et disposer ainsi de trois ou quatre bonnes douches l'été où la température de l'eau n'a pas besoin d'être très chaude pour être agréable. Cette eau chaude à plus de 70°c est en effet mélangée à de l'eau froide (pas très froide l'été!), par le biais d'un mélangeur, ce qui procure suffisamment d'autonomie pur un petit équipage. Il faut reconnaître qu'en pleine saison en Méditerranée, c'est souvent directement l'eau "froide" qui est utilisée pour la douche, et le chauffe eau est surtout utilisé l'hiver au port ou en demi saison. Les eaux de douche recueillies sous le plancher du cabinet de toilette, sont évacuées par un pompe électrique JABSCO à membranes. L'hiver le cabinet de toilette est chauffé par une bouche d'air pulsé reliée au chauffage Webasto. Le chauffe eau et le mélangeur ont été fournis par Narbonne Accessoires et s'avèrent fiables puisque cela fait déjà 8 ans que je les utilise.

Le circuit électrique

A l'origine le bateau ne disposait que de deux batteries de 60 AH qui étaient commutées par un rotacteur sur l'ensemble des circuits moteur et servitudes du bateau. Conséquence, seule la batterie en service était rechargée par l'alternateur du bateau, avec tous les risques que cela comportait. En 2002, j'ai donc décidé, lors de la mise à hauteur du bateau de refondre complètement l'installation électrique en disposant de batteries dédiées aux différentes fonctions.
  • Tout d'abord j'ai conservé une batterie moteur utilisée pour le démarrage et pour l'alimentation du guindeau. Cette batterie de 70 AH est logée toute seule dans le bac précédemment dédié aux deux batteries, avec les deux répartiteurs de tension.
  • Puis j'ai installé une batterie de 110 AH pour l'alimentation du réfrigérateur, permettant ainsi de produire du froid en permanence.
  • J'ai aussi mis en place une batterie servitudes de 110 AH qui est utilisée par toute l'instrumentation du bateau. C'est la batterie la plus sollicitée du bord, mais nous verrons que l'installation de deux panneaux solaires permet de "tirer" sans problème sur cette dernière pendant la journée.
  • Enfin, comme tous ceux (ou presque!), qui vont sur l'eau on met la ceinture et les bretelles pour ne pas perdre le pantalon, j'ai installé une quatrième batterie de secours (110 AH), qui peut démarrer le moteur si nécessaire ou être utilisée en servitude. Mais comme en plus, ceux qui vont sur l'eau croisent aussi les jambes pour ne pas perdre ce fameux pantalon, je dispose aussi de câbles de démarrage qui permettent de connecter la batterie de servitude ou la batterie du réfrigérateur sur le démarreur du moteur!
Ces batteries, complètement indépendantes sont rechargées:
  • Au quai au moyen de deux chargeurs (DOLPHIN, et CRISTEC.)
  • Au moteur par l'alternateur de 110 A (modèle de voiture puissante qui remplace celui d'origine un peu juste). Cet alternateur débite dans deux répartiteurs de charge dont un est sans chute de tension permettant ainsi une recharge complète et rapide des deux batteries réfrigérateur et servitudes. Le deuxième répartiteur, classique à diodes est connecté à la batterie moteur et à la batterie de secours qui elles sont normalement toujours chargées au maximum.
  • En 2009 j'ai fait installer deux panneaux solaires de 75 A chacun et dont le régulateur est connecté aux entrées des répartiteurs au même endroit que l'alternateur. L'installation de deux panneaux de cette taille sur un petit bateau n'a pas été une chose facile du point de vue mécanique. J'ai fait appel pour cela aux compétences de la métallerie VERDE de Saint Martin de Crau qui avait déjà réalisé le portique de ce bateau en 2002. Le problème consistait à intégrer ces panneaux solaires dans l'existant, avec un constant souci d'esthétique. Le résultat est à mon sens remarquable, car cet artisan a réussi à intégrer les panneaux solaires dans une structure en aluminium profilée et solidaire du portique rendant ainsi complètement invisibles les panneaux solaires. Du superbe travail, chapeau l'artiste!
Métallerie marine VERDE Tél 06 20 60 56 48
L'adoption de panneaux solaires a vraiment été un point très positif pour ce qui concerne l'autonomie au mouillage, car le réfrigérateur tourne maintenant en permanence sans aucun problème, et après une journée bien ensoleillée comme on en connaît beaucoup en Mediterranée en été, la batterie du réfrigérateur est bien chargée le soir et procure facilement de l'énergie électrique jusqu'au lendemain matin.

Les réserves d'eau

A l'origine, ce bateau ne disposait que de 100 litres d'eau stockés dans un réservoir inox situé à tribord sous la banquette du carré. Déjà un peu juste à l'époque de construction du bateau, cette réserve d'eau était très insuffisante de nos jours où les besoins d'eau, notamment pour l'hygiène n'ont rien à voir avec le passé. J'ai donc fait réaliser et installer quatre réservoirs supplémentaires totalement indépendants qui portent la capacité d'eau du bateau à environ 400 litres (oui vous avez bien lu quatre cents litres!). Le principe que j'ai retenu est le suivant:
Tout d'abord, l'eau potable pour la boisson est de l'eau minérale en bouteilles stockée sous les planchers et dans les coffres (environ 7 packs d'eau).
L'eau pour le lavage des dents, le café etc..(petits besoins où de l'eau potable est nécessaire), est prélevée au port sur l'adduction d'eau et stockée dans un jerrycan de 10 litres.
Quand j'effectue une traversée, (entre deux et quatre  jours au total par saison), tous les réservoirs sont vides sauf évidemment celui de 100 litres d'origine, car il faut bien de l'eau à l'arrivée, ce n'est pas le bagne!
Quand je fais de la croisière côtière, où on ne navigue jamais loin des côtes et donc d'un abri, je remplis tous mes réservoirs avant de partir disposant ainsi d'une autonomie de plus d'une semaine pour deux personnes sans rationner les douches à la sortie des baignades. Plus de problème pour passer plusieurs jours consécutifs au mouillage (si le temps le permet!), et s'affranchir ainsi au maximum de l'entrée plus qu'hypothétique dans des ports saturés en pleine saison.
L'objectif de cette procédure est de ne pas surcharger le bateau au large en cas de coup dur (ce qui est déjà arrivé!). Le transfert de l'eau entre réservoirs se fait au moyen d'une petite pompe à turbine. Cette contrainte permet de conserver une totale indépendance entre les réservoirs et une simplicité maximale puisqu'il n'y a ni vannes, ni mises à l'air compliquées et sources d'ennuis en croisière. Quand le réservoir principal ou de la douche est vide il suffit de transférer de l'eau d'un réservoir de stockage avec cette petite pompe, et le tour est joué en moins de cinq minutes!

Le mouillage

Le bateau est équipé d'un guindeau électrique GOÏOT dont le seul défaut est de relever le mouillage un peu trop rapidement à mon goût (attention à l'arrivée de l'ancre sur le davier!). La  télécommande de ce dernier s'opère au moyen d'un émetteur radio me permettant ainsi de me déplacer partout sur le bateau tout en maîtrisant la commande du guindeau.
Je dispose d'une ancre plate FOB HP de 20 Kg, reliée à cinquante mètre de chaîne de 8, elle même reliée à cinquante mètre de câblot, ce qui permet de porter à 100 mètres la longueur maximale de la ligne de mouillage. En fait, je n'ai jamais utilisé plus que les 50 mètres de chaîne, mais on ne sait jamais!
Je sais qu'un tel mouillage pèse beaucoup, mais le bateau ne semble pas trop pâtir de ce poids important sur l'avant si j'en juge par son comportement en mer même un peu formée. Mais même si le tangage se trouve forcément augmenté, je préfère jouer la carte de la sécurité au mouillage étant donné la rapidité avec laquelle le temps change souvent très localement en Mediterranée. Il m'est arrivé d'avoir à quitter au petit matin un mouillage enchanteur pris la veille au soir à cause d'un mouillage qui ne tenait pas suffisamment. J'ai donc décidé de mettre le "paquet", et seule la place dans la baille à mouillage a limité la longueur de chaîne! Depuis l'adoption du principe du mouillage surdimensionné, je suis un petit peu plus tranquille quand le vent monte au mouillage, mais bon la prudence reste toujours de mise! L'an dernier par exemple, à la Badine près de Hyères, un voilier s'entêtait à mouiller devant moi avec quelques mètres de chaîne à peine (forcément la place manquait!), alors que le vent soufflait à trente noeuds! 

Balcons et chandelier en inox

Comme je l'ai dit précédemment, j'ai été obligé de changer tous les balcons et chandeliers de Mistral Gagnant. Le chantier Etap Yachting avait réalisé ces équipements en aluminium et fixé ces derniers à la coque au moyen de vis inox. Mais ces deux matériaux font très mauvais ménage en présence d'eau salée, et la corrosion électrolytique a provoqué des déformations telles que l'eau de mer et de pluie entraient dans le bateau. De plus comme je l'ai décrit un chandelier a cédé lors d'une manoeuvre par mer agitée et ce jour là, bien qu'étant attaché, j'ai eu beaucoup de chance de ne pas passer par dessus bord!
Depuis cette modification dont les photos apparaissent dans la page travaux, plus une seule infiltration d'eau par ces équipements qui n'ont pas bougé en près de dix ans d'utilisation.


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