De Prévéza à Martigues

Le retour de Mistral Gagnant et de son équipage se déroulera à partir de la mi mai époque à laquelle le temps commence à se stabiliser dans le sud de la Méditerranée. Nous allons contourner le sud de l'Italie repasser par le détroit de Messine et peut-être croiser dans les parages des îles Eoliennes, à moins que nous ne décidions de longer la côte italienne! Nous envisageons aussi de passer aussi par les îles Pontines avant de nous rendre en Corse où nous comptons passer quelques jours avant de rentrer à Martigues dans le courant du mois d'août.

Les préparatifs

Le mois de février arrive à son terme, et il faut déjà penser à rejoindre Mistral Gagnant à sec au port de Prévéza en Grèce. Nous allons quitter ce beau paysage de la vallée d'Aspe au début du mois de mai, la météo commençant à bien se stabiliser à cette époque de l'année, pour retrouver les côtes de Grèce et d'Italie. Le parcours tout au long du sud de l'Italie est à négocier en faisant bien attention aux conditions météorologiques car la mer Ionienne n'est pas toujours facile, et lors de notre voyage aller nous avons connu une mer difficile notamment en raison d'un vent de sud ouest qui lors de l'approche de Santa Maria di Leuca a généré une houle croisée fort désagréable!
Nous avons hésité entre deux possibilités pour rejoindre Prévéza:
  • Y aller directement en avion depuis Pau, mais le coût très élevé des billets nous a dissuadé d'utiliser cette solution. En effet, deux escales sont nécessaires pour rejoindre Prévéza depuis Pau. Il faut tout d'abord rejoindre Paris Roissy, puis de là aller à Dusseldorf, et enfin à Prévéza. Si le voyage s'effectue en une journée, le coût est proche de 1000 Euros par personne!
  • La solution que nous avons retenue est de partir de Toulouse pour Athènes avec un prix du billet d'avion plus raisonnable puisqu'il est de l'ordre de 200 Euros. Depuis l'aéroport d'Athènes nous avons la possibilité de prendre un bus pour Prévéza mais le route est longue (environ six heures de bus) et assez dangereuse. Nous allons plutôt louer une voiture et en profiter pour faire un peu de tourisme et notamment aller visiter le site de Delphes et le Météores qui ne sont pas très éloignés de Prévéza.
Pour ce qui est de l'hébergement nous faisons le pari que nous n'aurons pas de difficultés à trouver des hôtels compte tenu qu'il est encore un peu tôt dans la saison, et donc nous ne ferons pas de réservation ce qui nous donnera une plus grande liberté.
Pour ce qui est des communications nous allons procéder comme l'an dernier:
  • La carte micro SIM Orange de l'Iphone sera mise dans un ancien téléphone avec un adaptateur permettant son implantation dans le réceptacle de ce téléphone prévu pour des cartes SIM "normales". Nous pourrons ainsi continuer à recevoir (et éventuellement passer) des appels sur le numéro de téléphone  Orange habituel.
  •   Acquisition auprès de Vodaphone Grèce d'une carte SIM pour Iphone avec le contrat adéquat (il y a sans doute des changements par rapport à l'an dernier et nous verrons cela sur place), permettant de surfer sur internet et d'appeler les numéros de téléphone grecs.
  • Quand cela est possible utilisation de la Nanostation "ubnt" permettant de se connecter sur les hotspots WIFI même si ceux-ci sont à plus de 1km! Problème: de plus en plus de ces hotspots sont protégés par des mots de passe.
  • Lors de notre arrivée en Italie nous ferons la même chose avec Vodaphone Italie.
Bien évidemment pour que l'Iphone accepte les cartes SIM d'opérateurs étrangers j'ai déverrouillé cet appareil. C'est une opération assez longue mais relativement simple si l'on suit à la lettre le mode opératoire disponible sur internet. Ne pas oublier de faire une sauvegarde avant de se lancer dans cette opération!
A signaler aussi la possibilité d'installer une carte SIM Vodaphone dans un domino (ou équivalent local) qui se connecte au réseau 3G de l'opérateur et redistribue la connexion en WIFI dans le bateau.
En conclusion pour ce qui est du chapitre communication, il n'y a aucun problème pour bénéficier à des prix raisonnables de ce formidable outil qu'est internet et qui sécurise beaucoup la navigation en permettant l'accès à tous les sites de météorologie, cette météorologie qui est un élément clé des navigations sur cette mer capricieuse qu'est la Mediterranée. C'est grâce à ce moyen que sera mis à jour ce site tout au long de notre croisière de remontée vers les côtes de France.

De Prévéza à Martigues


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Athènes Delphes:

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Le 5 mai, comme prévu , partis de Toulouse à 7 heures nous nous posons à 11 heures à Athènes, où nous accueille un soleil radieux et une température des plus agréables. Quel contraste avec le climat du Béarn où le froid et la pluie sévissaient lors de notre départ!
Devant le guichet de location de voitures quelle n'est pas la surprise de rencontrer Catherine et Patrick deux anciens collègues venus passer quelques semaines en Grèce! Promis on se retrouvera au gré de leurs pérégrinations.
Après avoir accompli les formalités de prise en charge de notre voiture de location, nous voilà partis aux alentours de midi, sur la route qui mène à Delphes notre prochaine destination.
Pendant une cinquantaine de kilomètres la sortie d'Athènes ne nous laisse pas un souvenir impérissable, mais très vite nous voici en pleine campagne à la recherche d'une taverna. Et oui nous avons pris notre petit déjeuner bien tôt ce matin dans l'avion, et une petite faim commence à nous tenailler aux alentours de 13 heures. Seulement voilà, de tavernas ouvertes nous n'en trouvons point, et pour cause: Le 5 mai, c'est le jour de la Pâque orthodoxe, et tout est fermé! Lors de la traversée de chaque village nous cherchons désespérément  à nous ravitailler mais la réponse est toujours la même: "Sund...is closed!". Mais les béarnais sont des gens têtus, et vers trois heures de l'après midi, au beau milieu d'une ligne droite nous apercevons une taverna ouverte! Freinage d'urgence, et nous voici bientôt assis sous une tonnelle ombragée avec pour voisin un grec parlant parfaitement le français! Ce dernier nous annonce tout de suite que la Grèce étant le berceau de la démocratie, nous allons avoir droit d'office au menu pascal: Greek salade et côtes de mouton, sans oublier les oeufs durs traditionnels décorés.
Le repas vite avalé nous reprenons notre route vers Delphes où nous arrivons  aux alentours de 18 heures en suivant une magnifique route de montagne. Nous n'avons malheureusement pas pu faire de photos car tout au long des quelques 30 km nous n'avons pas trouvé un seul endroit pour nous garer! Il est en effet très difficile en Grèce de ralentir pour dénicher un petit coin tranquille pour s'arrêter. Suivis à environ 2 ou 3 mètres par la voiture qui vous suit, gare à vous si vous faites une manoeuvre un peu rapide! Et si vous n'avancez pas assez vite au gré de celui qui vous suit, vous avez droit à un dépassement entre deux virages en faisant fi de la ligne blanche. D'une manière générale, la signalisation routière en Grèce n'est apparemment là qu'à titre vaguement indicatif, et très rares sont ceux qui tiennent compte des quelques panneaux aperçus ici ou là quand ils ne sont pas cachés par la végétation!
Bref c'est vers 18 heures que nous arrivons à Delphes, bien contents d'être dans cet endroit qui était le centre du monde il y a bien longtemps (avant que Salvador Dali ne décrète qu'en fait c'était la gare de Perpignan).
Ici Pâque ou pas, tout est ouvert (business is business!), et nous n'avons eu aucune difficulté à trouver un superbe hôtel avec une vue magnifique sur le golfe de Corinthe.
Le lendemain visite obligée des ruines antiques dont la littérature spécialisée regorge d'articles. Je me contenterai donc de mettre quelques photos faites lors de notre visite matinale de ce site.
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De Delphes à Prévéza

C'est tôt le mardi 7 mai que nous prenons la route de Prévéza. A terre depuis 9 mois dans un chantier que je connais à peine, et sachant par avance que le mauvais génie qui s'acharne sur nos bateaux pendant les longs mois d'hiver avait sans nul doute fait des siennes, j'avais hâte de retrouver Mistral Gagnant.
Le 8 mai au matin, dès potron minet, nous étions au port à sec de Prévéza et avons commencé nos investigations. Comme prévu le mauvais génie avait frappé par quatre fois:
  • Deux batteries avaient rendu l'âme
  • Le chauffe eau (que j'avais pourtant vidangé), était en panne.
  • Un haut parleur de la chaîne était HS.
Pour le reste, après un bon nettoyage du sable qui  recouvrait le pont, et quelques opérations telles que vidange du sail drive et carénage nous avons pu le mettre à l'eau le lundi 13 mai, et nous sommes amarrés dans le superbe port de Cléopatra Marina.
C'est à Prévéza que nous retrouvons Catherine et Patrick de passage vers Corfou. Patrick étant aussi un "voileux" nous parlons bien entendu bateaux et croisières en Méditerranée. Il envisage d'ailleurs très sérieusement de visiter la Grèce et plus sans doute en voilier.
Avant de poursuivre la suite des opérations de maintenance du bateau, nous décidons de faire un peu de tourisme et d'aller visiter le site des Météores. 

De Prévéza aux Météores:

Superbe balade que celle là, surtout que sortis trop tôt de l'autoroute à l'aller (toujours les problèmes de signalisation routière!), nous avons emprunté un chemin de montagne et avons même trouvé la neige! Mais à l'arrivée quel paysage à couper le souffle! Ces magnifiques rochers qu'on dirait plantés dans la terre nous laissent vraiment admiratifs devant le travail d'hercule de la nature. Bien évidemment nous ne pouvons résister au plaisir de faire quelques photos tout au long de la balade autour de ce site, et plutôt qu'un long discours je vais en publier quelques unes sur cette page.
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Prévéza:

Sitôt les opérations d'entretien du bateau réalisées nous nous dirigeons vers le port de Prévéza pour procéder aux opérations d'avitaillement et peaufiner les réglages de notre embarcation.
Nous pensions que ce ne serait l'affaire que de deux ou trois jours mais la météo capricieuse de la Méditerranée en a décidé autrement. Une dépression orageuse assez forte, qui remontait des côtes africaines nous a immobilisés jusqu'au 26 mai dans cette ville, fort agréable  heureusement.
Le 26 mai les prévisions étant relativement favorables nous quittons ce bel endroit, et remontons le long chenal qui donne accès à la mer avec la ferme intention d'aller au moins jusqu'à l'île de Paxos située à mi chemin de Corfou. Mais c'était sans compter sur un oubli du skipper pas encore amariné loin s'en faut! Dès la sortie du chenal, la houle d'environ 1,5 mètres a commencé à faire plonger l'étrave du bateau et tout à coup, on ne sait par quel miracle, la mémoire du skipper s'est réveillée: La vanne s'est il écrié tout à coup, la vanne, j'ai oublié de la fermer!
La dite vanne permet à de petites infiltrations d'eau inévitables venant de l'étrave et du puits de mouillage, de s'écouler à la mer. Mais cette vanne, si elle reste ouverte lorsque le bateau est hiverné, doit être impérativement être fermée en navigation car lorsque l'étrave s'enfonce, l'eau de mer rentre par cet orifice et inonde l'avant du bateau.
A la vitesse de l'éclair ce pauvre skipper qui n'était encore qu'un terrien (et oui c'est dur de se réadapter au milieu marin!), s'est précipité à l'avant du bateau, a soulevé le matelas et là horreur, la pointe de l'étrave (heureusement confinée par une cloison), était déjà remplie d'eau de mer qui s'agitait au rythme de la houle qui secouait le bateau. Là, les réflexes sont revenus! D'abord fermer la vanne, puis jeter je dis bien jeter par la porte de la cabine avant toute la literie, qui par miracle n'avait pas reçu d'eau de mer dans la carré du  bateau. Puis ayant remis le bateau sous pilote, j'ai essayé de vider ce compartiment inondé mais sans résultat car la houle était vraiment trop forte, et je n'ai réussi qu'à renverser dans la cabine avant le peu d'eau que j'avais réussi à mettre dans un seau.
Donc décision, c'est au port qu'il fallait retourner pour vider cette eau salée hantise des marins d'eau douce, (et aussi des autres)!
La réparation de cette énorme bêtise nous a occupés toute la journée, car il a fallu rincer complètement toutes les zones touchées par l'eau salée, sécher tout ce qui pouvait l'être, laver les vêtements, bref la galère (terme bien adapté au milieu marin), jusqu'au soir!
Pour terminer sur une note positive voici une photo de Prévéza éclairée par un beau soleil de printemps et prise le lendemain matin de notre mésaventure en quittant le port.
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De Prévéza à Corfou

Le matin du 27 mai un examen attentif de la situation météo (et oui toujours cette sacrée météo à surveiller en permanence), a montré que ce jour était favorable à une navigation vers le nord de la mer Ionienne. Nous avons donc décidé de partir sans tarder, et une heure plus tard nous voilà quittant le port de Prévéza pour de bon cette fois-ci!
Vite, un SMS à Sylvie et Gérard avec qui nous devions dîner le soir, et une heure plus tard nous voilà quittant le port de Prévéza pour de bon cette fois-ci! Bon vent à eux qui vont naviguer vers les cyclades (mais pas trop cependant!).
Partis à 8 heures du matin, nous avons de nouveau rencontré la houle de la veille, fruit des nombreuses perturbations qui se développent sur la mer Ionniene à cette époque. Celle ci a secoué l'équipage pendant environ quatre heures, et c'est aux alentours de midi qu'elle a commencé à s'atténuer. Nous avons mis à profit ce répit dans l'escalade de montagnes russes pour apprécier un sandwich vite avalé avant que le vent fraîchisse un peu, ce qui nous a permis de naviguer à la voile pendant les quatre heures suivantes. Ce n'est que lorsque nous sommes arrivés à hauteur de l'île de Corfou, que nous avons abordée par le sud, qu'il a été nécessaire de mettre en route le moteur afin de ne pas arriver trop tard au mouillage.
A 19 heures nous jetons l'ancre dans la baie d'Ormos Gritsas juste au sud de la ville de Corfou, bien contents d'avoir accompli cette rapide remontée vers le nord de la mer Ionnienne.
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D'Ormos Garitsas à Marina Gouvia

Marina Gouvia est une superbe marina située au nord de Corfou. Nous allons y passer quelques jours que nous mettrons à profit pour faire une visite de l'île par la terre. Nous interromprons donc notre navigation vers l'Italie pendant quelques jours que nous reprendrons lorsque le temps (encore lui!) sera favorable. La traversée vers l'Italie se fait depuis la petite île d'Othoni au nord de Corfou vers Santa Maria di Leuca petit port italien. Cette traversée emprunte la rencontre entre l'extrême sud de la mer Adriatique et l'extrême nord de la mer Ionnienne et la cohabitation entre ces deux mers au caractère bien différent engendre parfois des houles et des vagues vraiment pas très agréables à négocier. Mais nous reparlerons de tout cela plus tard!

Corfou:

Nous n'allons pas passer dans cette île sans la visiter! Nous décidons donc de rester quelques jours ici pour faire un peu de tourisme. La région la plus intéressante à voir est celle situé au nord de l'île. Cette zone montagneuse est recouverte de forêts d'oliviers plusieurs fois centenaires au milieu desquels surgissent, ici et là de magnifiques bouquets de cyprès. Nous n'avons malheureusement pas pu faire beaucoup de photos de ces lieux enchanteurs et ceci pour deux raisons. D'abord il est très difficile de s'arrêter en voiture en un lieu précis en raison du comportement des conducteurs et de l'état de la route de montagne. Et même si on réussit à stopper le véhicule en sécurité, la végétation qui dépasse souvent de plus de deux mètres le bord de la route rend difficile toute prise de vue. Si vous voulez faire des photos sur ces routes ne louez pas une voiture mais un scooter, qui permet de s'arrêter pratiquement où l'on veut en toute sécurité. Mais ne faites pas comme les grecs, mettez un casque!
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Quelques images de la ville de Corfou:

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Vers l'Italie:

Le 3 juin, nous quittons Marina Gouvia et faisons une halte dans la baie d'Ormos Imeolia située au nord est de l'île de Corfou. Ce superbe mouillage nous retiendra jusqu'au lendemain matin où nous reprenons notre route vers Othoni. C'est deux heures plus tard que les choses se sont gâtées avec l'arrivée d'un violent orage. Après avoir pris deux ris dans la grand voile, puis affalé complètement celles-ci ne conservant qu'un bout de génois sur l'avant, nous avons mis cap au nord pour nous éloigner du centre des éléments. Le vent a continué à monter jusqu'à 25 noeuds, puis s'est stabilisé à cette valeur, sans doute en raison de la stratégie de fuite que nous avons adoptée. Et oui, l'expérience de la mer m'a montré que chaque fois que cela était possible il faut sienne cette devise : Courage fuyons!
Après avoir reçu une bonne grosse pluie, nous reprenons notre route vers Othoni et jetons notre ancre dans la baie de cette île aux alentours de 13 heures, accompagnés par une houle de sud ouest. Inutile de préciser que le mouillage allait être des plus inconfortables si celle ci persistait, aussi ai je envisagé de contourner l'île par le nord et d'aller jeter l'ancre par là. Mais voila, parfois (mais seulement parfois et il faut alors apprécier ces rares situations), la houle s'est amortie en quelques heures et nous avons pu profiter de ces eaux de véritable lagon.
Le lendemain matin à 6h30, nous pointons notre étrave vers l'Italie, plus précisément le port de Santa Maria di Leuca, situé à l'extrémité sud du talon de la botte italienne. Huit heures plus tard, après une navigation sans encombre nous entrons dans ce port et goûtons à un repos bien mérité non sans avoir retardé nos montres d'une heure.
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Crotone:

Pour ne pas s'arrêter en si bon chemin, et surtout profiter de conditions météo favorables, nous repartons le lendemain matin très tôt, (5H45) pour traverser le grand golfe de Tarente. Jusqu'à environ midi, la navigation s'est faite sous un beau soleil qui nous a bien réchauffés de la fraîcheur matinale. Nous avons même eu droit à la visite d'un troupeau de dauphins qui ont batifolé pendant une bonne dizaine de minutes tout autour du bateau. Ces rencontres d'animaux à l'allure si sympathique sont toujours un bon moment qui rompt avec la monotonie d'une longue navigation. Hélas, à partir de la mi-journée, c'est sous un ciel plombé que nous avons terminé notre traversée. Maigre consolation un peu de vent s'est levé qui nous a permis de faire un près serré jusqu'à destination, mais il a fallu revêtir de nouveau les doudounes et les bonnets de ski. Quoiqu'il en soit à 18H30 nous rentrions dans le port de Crotone, un peu gelés mais bien contents d'arriver! 
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Les choses se compliquent un peu:

Le lendemain nous partons en quête d'un magasin Vodafone pour souscrire un forfait internet car depuis Corfou plus d'internet à bord! Ce formidable outil vient assez vite à manquer, surtout pour la connaissance de la météo si capricieuse en Méditerranée!
Ceci est tellement vrai qu'un bulletin météo pris le lendemain de notre arrivée à Crotone nous annonce que le vent allait passer au sud/sud ouest et que donc nous l'aurons en plein "dans le nez"! Pas question dans ces conditions de faire route vers notre prochaine destination Roccella Ionica, car qui dit vent de sud ouest en mer Ionienne, dit houle fort désagréable et pratiquement impossible à remonter avec un petit bateau. J'ai encore en mémoire lors de notre parcours en sens inverse l'année passée, la vision d'un gros Amel (super Maramu 2000), qui rentrait au moteur en forçant la mer. Heureusement que ce bateau est très bien protégé comme le sont les Amel, car à chaque lame de la houle, l'eau passait par dessus le pont, et le tangage devait rendre cette navigation très inconfortable voire insupportable au bout de quelques heures.
Pour gagner quand même quelques heures de navigation nous décidons de contourner le cap Rizzuto et rejoignons le superbe petit port du Castella après 4 heures de navigation.
Depuis dimanche nous attendons des conditions favorables pour rejoindre Roccella Ionica puis Reggio di Calabre et enfin passer en mer Thyrénienne. La traversée du golfe de Squillace avant d'arriver à Roccela ionica doit se faire avec une bonne couverture météo en raison des vents parfois très violents qui soufflent dans cette région. Gare à l'imprudent qui partant du Castella avec 5 noeuds de vent pense effectuer une traversée de ce golfe tranquille! La photo météo ci-dessous illustre mieux qu'un long discours ce qui attend l'imprudent!
A 17 heures le mardi 11 juin 2013 le vent est presque nul au Castella et souffle en rafales de plus de 40 noeuds une vingtaine de milles plus au sud! On comprend bien dans cette situation que Mistral Gagnant reste bien sagement au port! Naviguer sur un voilier de plaisance avec plus de quarante noeuds de vent est vraiment éprouvant et ceux qui l'ont vécu (vraiment) s'en souviennent toute leur vie!
Demain mercredi la situation évolue peu et c'est jeudi ou vendredi que nous quitterons le Castella pour une route plus tranquille vers Roccella Ionica.
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Du Castella à Roccella Ionica

Nous attendions une fenêtre météo pour faire la traversée du golfe de Squillace, dans lequel soufflait depuis presqu'une semaine un vent du nord assez fort avec surtout une mer hachée et très désagréable à négocier. Ce golfe est réputé pour la force des vents qui y soufflent très souvent au dessus de 20 noeuds, avec même la nuit, alors que rien ne le laisse présager  des rafales à plus de quarante noeuds. Le 14 juin au matin, la consultation de divers bulletins météorologiques nous laisse assez perplexes. Les uns, (Zygrib, Weather4d) prévoyant une dizaine de noeuds de vent au maximum, et un seul (Navimail) prévoyant lui des forces de vent de l'ordre du double des précédentes mais n'excédant pas 20 noeuds avec des vagues de 1.20m au plus fort de la traversée. Nous décidons de faire confiance à Navimail et nous préparons pour une traversée avec une force de vent certes non négligeabe mais négociable. Nous avons donc quitté le port à 8H30, Navimail prévoyant une légère baisse de l'intensité du vent à partir de midi, baisse normale due au réchauffement des terres qui ralentit le vent qui vient de cette direction. Et nous avons bien fait, car si effectivement la traversée a été parfois "musclée" en raison de rafales qui sont montées à 25 noeuds et une mer désordonnée au milieu du parcours, les prévisions de Navimail de Météo France se sont révélées exactes. Nous avons traversé enfin ce fameux golfe de Squillace qui est en fait la sortie d'une vallée qui recueille le vent du nord de la mer Thyrénienne et qui en accélère considérablement la vitesse par effet venturi. Bref nous sommes arrivés à Roccella un peu trempés par les embruns, car Mistral Gagnant au près bon plein avec 20 noeuds de vent ça décoiffe, ça secoue, et surtout ça arrose dans les accélérations à 8 noeuds dans les vagues!
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Les trois vues ci-dessus qui montrent le résultat de l'analyse de Navimail concernant l'intensité du vent dans le golfe de Squillace se sont révélées d'une incroyable précision! A quelques noeuds près c'est exactement ce que nous avons rencontré au cours de notre navigation! 

Il faut encore attendre!

Nous pensions pouvoir repartir de Roccella samedi ou dimanche, mais l'examen (encore) des prévisions de Navimail laisse apparaître un vent de l'ordre de 25 noeuds soufflant du nord dans le détroit de Messine samedi et dimanche à partir de 17 heures, heure à laquelle nous arriverions dans ces parages. Nous allons donc reporter notre départ d'ici à lundi matin très tôt (6 heures au plus tard) pour faire la dernière longue route dans cette mer Ionienne qui s'est montrée assez inhospitalière lors de notre retour. Nous irons (si tout va bien!), nous "poser" à Reggio di Calabre pour la nuit de lundi avant de franchir dans le sens Sud--->Nord le détroit de Messine avec un vent et un courant qui devraient nous être favorables aux alentours de 10 heures mardi matin. 

La remontée de la côte ouest de l'Italie:

Et oui je devais revenir sur ce site la semaine dernière, mais les longues journées de navigation n'étaient guère favorables à la rédaction de quelques lignes le soir. Cette remontée vers le nord n'est pas particulièrement attrayante, car un peu lassés par les épisodes assez difficiles du sud de l'Italie, nous avons décidé de remonter le plus vite possible vers des régions peut-être plus hospitalières. Je me contenterai donc de dire que le lundi 17 juin nous avons enfin bénéficié d'une fenêtre météo qui nous a permis de rejoindre Reggio di Calabre. Nous ne sommes restés qu'une seule nuit dans ce port peu propice  au tourisme en Calabre!
Le lendemain donc nous avons franchi le détroit de Messine en profitant d'un courant favorable à 10 heures du matin et sommes allés à Gioia Tauro, port situé au nord du détroit. Avant de rentrer, s'agissant d'un port commercial de containers j'ai appliqué la procédure d'appel à la VHF, et j'ai du répondre à une longue liste de questions exactement comme si mon navire était un cargo! J'aurais mieux fait d'entrer et rejoindre immédiatement le port de plaisance niché tout au fond du port, et aurais ainsi évité de répondre à des questions n'ayant rien à voir avec la taille de mon embarcation. Côté positif de cette démarche, les services portuaires qui m'ont même envoyé un pilote m'ont placé à couple d'un bateau de lutte contre l'incendie et nous n'avons pas acquitté de droits de port! Encore un exemple des nombreuses situations complètement inattendues auxquelles on se trouve confronté en Italie!
Départ de ce port le lendemain dès potron minet, pour aller à Cetraro, encore un port rempli de bancs de sable entre lesquels il a fallu slalomer avec la plus grande prudence.
Le jeudi 20 juin nous rejoignons un autre port, Marine de Camerota avec lui aussi son lot de bancs de sable dont un a fait connaissance avec la quille de Mistral Gagnant, sans dommage car abordé à vitesse plus que réduite. C'est en principe le dernier port ensablé dans lequel nous nous rendrons et c'est un vrai soulagement. Le stress est en effet au maximum quand le matin, en quittant le port alors que le soleil n'est pas encore levé, on essaie de repérer ces maudits bancs de sable uniquement à partir du sondeur du bateau!
Le vendredi 21 juin nous rallions Agropoli dernier port avant la baie de Naples. Mais les nouvelles de la météo ne sont pas très bonnes et nous allons rester cloués dans ce port pendant quatre jours en raison d'un coup de vent d'ouest qui génère une houle monumentale (Plus de trois mètres) orientée nord ouest et donc quasiment impossible à franchir. Plusieurs voiliers (et pas des plus petits!) qui, pendant ces trois jours ont essayé de franchir ces murs d'eau en ont été quittes pour leurs frais et ont du rebrousser chemin en direction du port! Peut-être que demain mercredi cette houle va enfin diminuer, et que nous pourrons voguer enfin  vers la baie de Naples, mais le temps est tellement instable qu'il ne faut pas se faire trop d'illusions!
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Poursuite de l'avance vers le nord:

Lassés d'attendre une mer pas trop houleuse nous quittons le port d'Agropoli le 26 juin pour rejoindre le port de l'île de Procida dans la baie de Naples. Pendant toute la matinée ce ne fut pas une partie de plaisir, car la mer était encore bien formée, mais par chance la houle était assez longue et le bateau n'enfournait pas. Nous avons ainsi escaladé des montagnes russes jusqu'aux alentours de midi où, comme par enchantement la mer s'est pas mal aplatie et le reste de la journée s'est passée dans des conditions assez confortables. C'est encore un aspect de cette Méditerranée parfois complètement fantasque, et que l'on ne parvient jamais à comprendre tout à fait!
Le lendemain nous quittons Procida pour la marina de Flauvia Gioia distante de 40 milles. Cette superbe marina nous réserve un excellent accueil qui tranche avec celui dont nous avons "bénéficié" sur l'île de Procida, où deux jeunes ormeggiatore se sont amusés, d'abord à ne pas bouger le petit doigt pour nous aider à apponter, puis ensuite m'ont donné une pendille trop courte, si bien que le bateau pris tribord par un bon vent qui sévissait alors, est parti en travers sans que j'aie pu rien faire! C'est encore une fois l'illustration de l'Italie de tous les contrastes!
Quoiqu'il en soit, vendredi 28 juin, nous rejoignons Marina di Nettuno tout près d'Anzio après une encore belle chevauchée de vagues et un vent frais dans tous les sens du terme! Passé le cap Circeo (souvenez vous à l'aller ce coin mal famé nous avait bien secoués au mouillage pendant la nuit!), le vent de sud ouest s'est levé comme prévu et était donc pour nous plein vent arrière allure inconfortable s'il en est! Plus nous nous rapprochions de la côte et plus il se renforçait et la mer avec bien entendu!
Affaler la grand voile devant l'entrée du port ressemblait à un véritable rodéo! il a fallu en effet se positionner face au vent et donc aux vagues particulièrement cambrées. Alors que j'étais en pied de mât, le bateau s'est littéralement cabré face à l'une d'entre elles pour retomber violemment dans un bruit de tonnerre! C'est une main pour moi une main pour le bateau que j'ai affalé la grand voile qui battait dans tous les sens dans les rafales du vent qui venant de face, soufflait à près de 30 noeuds apparents. Bref encore une fois nous étions loin de la croisière tranquille! Mais bon, si l'on ne veut pas se faire secouer il faut rester dans son fauteuil!


 

Changement de programme:

Un peu lassés par le temps qui décidément ne se décide pas à passer au beau, et qui nous oblige à jongler sans cesse avec les prévisions météorologiques, nous décidons d'attendre notre jeune équipage à Rome et non en Corse comme prévu, pour rentrer avec eux à Martigues en passant en principe toujours par la Corse. Nous rejoignant le 8 juillet, nous espérons, et les prévisions à long terme le laissent entrevoir, que l'été fera d'ici là son apparition. En effet nous commençons à en avoir assez de naviguer avec les polaires, les bonnets de ski, et de rester bloqués des jours entiers dans des ports où l'on vous fait payer la nuit à des tarifs disons un peu élevés! Comme avec ce temps capricieux et vraiment pas de saison, il est imprudent d'envisager des mouillages le long d'une côte italienne mal protégée du vent dominant qui souffle du Nord Ouest, nous sommes contraints de rentrer dans les ports souvent éloignés les uns des autres,  nous obligeant par là même à aligner jour après jour des étapes bien longues et donc épuisantes. Je me doutais que la retour de Grèce ne serait pas forcément une partie de plaisir, mais le temps dégradé par rapport à la normale que nous avons subi ne nous a pas simplifié la tâche loin de là! Au moment où j'écris ces lignes un vent de Nord Ouest de 30 noeuds en rafales souffle dans la Marina.
Hier c'était un vent presque aussi fort mais de Sud Ouest qui soufflait, ....et nous étions en mer!

Donc la décision est prise, dès que le vent tombe, nous rejoignons le port de Rome et resterons là jusqu'au 8 juillet, où un équipage jeune, frais et dispos nous rejoindra pour nous prêter main forte pour ramener Mistral Gagnant au bercail, car j'ai comme l'impression que cette météo pourrie de début d'été va nous réserver encore quelques surprises!

Pour les amateurs de chiffres:

Au 29 Juin, et depuis le 27 mai date de notre départ de Prévéza en Grèce:
  • 700 milles parcourus soit plus de 1300 Km
  • Environ 120 heures passées en navigation
Pas étonnant qu'un peu de fatigue commence à se faire sentir!
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Suite et ....fin:

Comme prévu l'équipage est arrivé à Rome le 8 juillet, ....mais pas à l'aéroport de Rome Ciampino comme prévu! En effet, la météo continuant à faire des siennes, mais nous commencions à y être habitués, leur avion a été détourné sur l'aéroport de Rome Fiumicino en raison d'un orage d'une extrême violence qui a éclaté sur l'aéroport de leur destination où nous les attendions. Des trombes d'eau se sont abattues sur l'aéroport, accompagnées d'un vent d'une violence inouïe avec des coups de tonnerre cataclysmiques. Bilan une grosse frayeur pour nous en pensant à eux dans cet avion, et quatre heures de retard. Mais à 21 heures nous sommes quand même arrivés au port de Nettuno où se trouvait le bateau.
Le lendemain  matin nous quittions Nettuno à 10 heures, destination Santa Marinella sous un soleil radieux qui nous a accompagnés  toute la journée jusqu'au mouillage, où nous avons subi les débordements d'un orage sur la terre qui nous a envoyé un peu de pluie. Il y avait en effet si longtemps que nous n'avions pas eu de mauvais temps....
Etant plus nombreux à bord, nous avons décidé de rejoindre directement le cap Corse sans passer par l'île d'Elbe, et pour cela il fallait passer par l'île de Giglio de triste mémoire puisque c'est sur cette île que s'est échoué le Costa Concordia il y a déjà plus d'un an. Après 10 heures de navigation nous avons rejoint un mouillage très venté au sud de cette île. Nous avons jeté l'ancre par des fonds de 10 mètres et la violence des rafales qui dévalaient de la montagne nous ont empêché de trouver le sommeil jusqu'à 1 heure du matin heure à laquelle le vent est enfin tombé. Comme nous ne voulions pas traîner dans les parages c'est au petit matin à 5 heures, alors qu'il faisait encore bien nuit que nous avons levé l'ancre et pris la direction du cap Corse plus précisément celle de Maccinaggio. En partant nous avons croisé au large le convoi maritime qui transportait une partie des énormes réserves de flottabilité destinées au renflouement du Costia Concorda. A 19 heures après une longue navigation nous avons pu nous amarrer dans ce port ravissant et jouir d'une bonne nuit de repos bien méritée.
Le samedi 13 juillet nous quittions ce port à 3 heures du matin pour une traversée vers le continent avec comme objectif de rallier la baie de Cannes après un parcours de 120 miles. Les prévisions météo étaient favorables et c'est par un vent faible qui n'a pas dépassé les 10 noeuds que nous sommes arrivés à 23 H 30 au mouillage devant Théoule. Cependant, si le vent a été faible une grosse houle complètement désordonnée nous a brutalement assaillis pendant quatre heures à une vingtaine de miles de l'arrivée. Comme en même temps le vent est complètement tombé, c'est dans un véritable "shaker" que nous avons terminé la traversée. Nous avions prévu de faire un mouillage entre les îles de Lérins, mais les mouvements des mats des bateaux qui y passaient la nuit nous ont incités à poursuivre notre route jusqu'au fin fond ouest de la baie de Cannes, où nous avons trouvé devant le port de Théoule un mouillage beaucoup plus confortable! Jusqu'au bout de notre remontée depuis la Grèce, la Méditerranée n'aura pas été tendre avec nous, c'est le moins qu'on puisse dire!
Le lundi 15 juillet, c'est complètement fourbus que nous avons quitté Mistral Gagnant qui est resté aux mains de son nouvel équipage, et que nous sommes rentrés à Pau avec une voiture de location.
A partir du 16 juillet, Mistral Gagnant et son équipage ont eu la chance de bénéficier d'un début d'été enfin là, et ont pu profiter de la beauté de Porquerolles qu'ils ont quittée le 22 juillet pour rallier le port de Martigues après quelques heures de navigation à la voile dans la baie de Marseille.

Quelques chiffres:

Distance totale parcourue depuis Prévéza: 1142 miles soit plus de 2100 km.
Durée totale du retour: Départ le 27 mai de Prévéza arrivée le 22 juillet à Martigues
Nombre d'heures moteur: 186 heures

Quelques réflexions:

La retour depuis la Grèce n'a vraiment pas été de tout repos! Une raison essentielle à cela: le mauvais temps, et surtout le froid dont nous avons souffert très souvent jusqu'à la fin du mois de juin. Si l'Europe du nord a été victime d'un printemps catastrophique, le sud de ce continent a lui aussi été touché par les intempéries, et la navigation à bord d'un petit bateau et en équipage réduit est assez difficile dans ces conditions.
A propos d'équipage réduit, la navigation a été tout de suite beaucoup plus facile dès que quatre personnes se sont trouvées à bord. Nous pouvions alors établir des quarts de veille et nous reposer. La navigation en Mediterranée à proximité des côtes exige une attention de tous les instants. Il faut bien entendu surveiller les navires de pêche, de commerce, de plaisance qui sont nombreux dans certaines zones et dont le respect des règles de navigation est le cadet de leurs soucis..., mais aussi la mer elle même, qui recèle de nombreux dangers. On peut citer notamment les casiers de pêcheurs où il est si facile de prendre son hélice, les déchets flottants de toute nature emportés parfois fort loin au large par les courants et qui peuvent à tout moment immobiliser l'hélice du moteur (filets de pêche, plastiques en tous genres, etc....). Il faut donc rester vigilants en permanence, et lorsque la navigation excède huit ou neuf heures tous les jours et ceci dans des conditions difficiles, la tension nerveuse est source de grosse fatigue. Un équipage réduit qui ne peut bénéficier de périodes de repos, peut parfois être mis en danger du fait de la baisse de la vigilance induite par une grosse fatigue, car celle ci est telle que parfois on peut se laisser complètement aller, allant même jusqu'à se dire qu'après tout tant pis, "advienne que pourra" .
A sujet de la veille nécessaire, les aides électroniques à la navigation ne peuvent la remplacer. Les systèmes AIS ne fonctionnent que si tous les navires en sont équipés ce qui est loin d'être le cas! Le radar, merveilleux système de vision la nuit ou par temps de brouillard est parfois complètement aveugle en présence de bateaux en bois qu'il ne détecte que très mal. Il faut donc veiller, toujours veiller et ne jamais faire une confiance aveugle à tous ces équipements qui ne sont qu'une aide et rien de plus.
La vraie sécurité sur un voilier, c'est une coque solide et étanche, avec un mat bien tenu, des voiles en excellent état avec des prises de ris depuis le cockpit. Prendre des ris sur le pont d'un petit bateau dans une mer très formée est particulièrement difficile, et si cette manoeuvre ne peut se faire qu'en pied de mat c'est solidement harnaché qu'il faut l'entreprendre! Une voile à enrouleur est sans doute un compromis idéal pour manoeuvrer en toute sécurité, mais à condition de bien utiliser cet équipement!
Le moteur est aussi un élément de sécurité, à condition de bien l'utiliser et surtout de l'entretenir parfaitement. Avoir un moteur fiable permet d'envisager des mouillages desquels il serait impossible de sortir à la voile seule dans certaines conditions météo, mais pour cela il faut être absolument certain de son bon fonctionnement. Sur Mistral Gagnant il fait l'objet de toutes les attentions, et peut être mis en route à partir de n'importe laquelle des quatre batteries qui sont complètement indépendantes.
La météo est un paramètre fondamental qui conditionne au plus haut point la sécurité. La présence d'internet à bord permet d'accéder à de multiples bulletins de prévision météo, mais là aussi il faut savoir regarder et sentir ce qui se passe autour de soi. Un bulletin météo ou un fichier de vent tout seul ne suffit pas. Une vue d'ensemble de la situation, et encore plus l'évolution de cette situation par rapport aux prévisions peut alerter sur quelque chose qui ne "cadre" pas et doit faire redoubler de méfiance! J'ai toujours pour habitude de conserver les prévisions du jour J pour J+1 par exemple, et de les confronter à celles qui sont acquises le jour J+1 et qui concernent la même zone et la même période. Si la différence est trop marquée il faut redoubler de prudence, et chercher pourquoi il en est ainsi!

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